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Guayaquil – Des aurevoirs au vert de rhum

Les roues du chico Truck nous mènent au Bosque Cerro Blanco à environ 16 km de Guayaquil, ville la plus peuplée du pays (environ 2,3 millions d´habitants). Ce bosquet est l´habitat de plus de 200 oiseaux, plus de 50 mammifères (dont le jaguar), 24 espèces de chauve-souris, etc. Il est possible d’y garer le camping-car et d’y planter sa tente pour une somme dérisoire. A l’arrivée, nous constatons que nous serons seuls… Que demander de mieux pour terminer ce trip en camping-car !? Nous prenons donc nos quartiers…

Et nous partons dans les bois à la rencontre de ses habitants…



On ne peut pas dire que nous avons pu voir grand chose en terme d’animaux mais la flore révèle de magnifiques secrets à qui prend le temps de la regarder…



Et de l’écouter ! Pendant une bonne heure, nous entendrons des singes hurleurs tout proches. Malheureusement, ils semblent assez timides. Les bruits et la beauté de cette forêt tropicale sèche nous enthousiasment tous… A tel point que nous finissons par grimper dans les arbres.


Mais il est bientôt l’heure de se dire au revoir. Comble de l’horreur, c’est notre dernière nuit ensemble et nous nous rendons compte que nous n’avons pas d’alcool pour prendre un apéro ! Ni une ni deux, me voici à la tombée de la nuit en train de courir (littéralement) le long d’une autoroute. On m’avait dit que le premier magasin était à 15 minutes de taxi. Heureusement, au bout d’un bon kilomètre, j’aperçois une échoppe. La tenancière m’explique que la vente d’alcool est interdite par la loi le dimanche. Je lui conte donc ma détresse et ma quête depuis notre emplacement de camping pour trouver le Saint-Graal. Au bout d’une demi-heure, je ressors, le sourire aux lèvres et une bonne bouteille de rhum brun sous le bras. Je peux enfin revenir en vainqueur ! Pas de photos, nous étions trop pressés de déguster le cocktail !

L’alcool faisant son effet, nous pensions halluciner quand nous aperçûmes deux lampes torches s’approcher de notre table. Il s’agissait en fait de deux étudiants en biologie qui venaient nous proposer de recueillir ensemble des chauve-souris dans les filets qu’ils avaient placés durant la journée. Ainsi donc, nous passions notre fin de soirée à discuter chauve-souris dans un espagnol approximatif. Expérience sympathique. Espérons qu’une fois libérées elles aient pu retrouver leur chemin après avoir respiré notre haleine bien chargée !

Le matin venu, nous disons au revoir à Claire, Noa, Cédric et au Chicotruck, le cœur un peu serré mais heureux d’avoir pu vivre ce bout de voyage en commun. Et, justement, si nos façons de voyager sont complètement différentes, nous avons appris les uns des autres. J’en veux pour preuve l’article de la famille Tingry sur ce qu’ils ont appris des backpackers belges. OK, voici notre liste de ce qu’on a appris des « camping-caristes » :

  • Le camping-cariste ressemble à un chameau. Un réservoir de 120 litres qui se doit de ne pas être vide, sinon : plus de douches, de toilettes, de vaisselle, etc. Du coup, un de ses trucs est d’acheter un peu d’essence et de demander à la pompe « un peau d’eau ». Le sourire du camping-cariste devient, dans ce cas, proportionnel à son réservoir.
  • Contrairement aux backpackers, le camping-cariste est un animal diurne : il ne voyage que rarement la nuit.
  • Il ne faut en aucun cas laisser des toilettes à la disposition d’un camping-cariste. Vous pourriez risquer une explosion de votre fosse sceptique lors de la vidange de ce qu’il appelle sa « caisse à caca ». On comprend mieux ces nombreuses toilettes publiques devenues insalubres.
  • Un camping-cariste sent toujours bon mais n’est pas toujours propre sur lui. La lessive dépend elle aussi de son réservoir d’eau (voir point premier). De loin, il n’est donc pas toujours facile de le distinguer d’un backpackers.
  • Il existe des sous-classes à l’espèce « camping-cariste ». On distingue notamment le camping-cariste de luxe et le camping-cariste baroudeur. Claire, Noa et Cédric appartiennent à cette dernière sous-classe. Le dialogue entre espèces de sous-classes différentes est assez compliqué…
  • Le camping-cariste semble avoir de gros tocs. Avant de se mettre en route, il vérifie frénétiquement que tous les tiroirs sont bien fermés à clé. Il resserre également les vis des tous ses meubles régulièrement.
  • L’ingéniosité du camping-cariste trouve son paroxysme en cuisine. Claire nous a notamment surpris avec ses pizzas maisons ou encore son pain aux olives tous deux cuits à la poêle !!!
  • Le camping-cariste qui se respecte possède un abonnement à camping-car mag’
  • Comme les backpackers, le camping-cariste squatte sans relâche les bancs publics, l’électricité et traque le moindre wifi non sécurisé.
    Note à l’attention des backpackers : chers amis, lors de votre prochaine quête d’un WIFI gratuit, cherchez de l’œil les camping-cars. Là où ils sont stationnés, il y a de grande chance de trouver votre dessein.
  • Papa et maman camping-caristes ne disposent pas de beaucoup d’intimité. Il est donc recommandé d’héberger des amis backpackers baby-sitters pour profiter de quelques moments en amoureux…
  • Un lit est également un divan, une table, une salle de jeux…
  • En bref, un camping-cariste baroudeur est un aventurier sur roues qui voyage avec un certain degré de confort, qui change chaque jours son itinéraire et peut atteindre des lieux que d’autres voyageurs ne peuvent apercevoir. Il a le cœur sur la main (sauf quand des backpackers auto-stoppeurs rentrent avec leurs souliers dégueulasses dans leur maison… les gars, un effort svp !) et est ouvert à la rencontre malgré son autonomie évidente.

Bref, Claire, Noa et Cédric, un tout grand merci de nous avoir accueillis dans votre maison sur roues !

Juste après avoir quitté nos hôtes, nous nous remettons en route en bus public. Nous passerons la journée à visiter Guayaquil avant de prendre un bus de nuit vers Quito… Retour au bercail !








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