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Quilotoa – L’eau qui fume et qui brûle

Enfin ! Depuis le temps que l’on entend parler de cette lagune volcanique… Nous y sommes! Elle n’était pourtant pas très loin de Quito et était assez facilement accessible. Il nous a pourtant fallu près de deux mois pour mettre les pieds sur ses rives!

Nous parlons bien évidemment du lac du Quilotoa, ce volcan dont la dernière éruption remonte à environ 700 ans. Le lac qui se trouve dans son cratère est bien connu des touristes, tant Équatoriens qu’internationaux. La plupart d’entre eux se contentent de faire un aller-retour à l’intérieur du cratère. Trop peu pour nous! Puisque cela fait un petit temps que l’on ne s’était pas dégourdi les jambes, nous comptons faire un petit trek de 2 ou 3 jours.

Au premier regard, depuis le mirador principal, nous tombons sous le charme de ce magnifique lac.


Nous descendons ensuite dans le cratère situé à 3500 m d’altitude par un sentier éloigné de la grande voie touristique, pour tenter une baignade rapide…


Nous décidons, malgré l´heure tardive, de commencer le tour du lac, sur les hauteurs, la même après-midi. Selon les informations récoltées, il faudrait environ 5h pour parcourir la boucle complète. Près d’une heure après le départ, la nuit commence à tomber et nous plantons la tente juste à côté du chemin de rando, sans trop savoir si nous sommes censés pouvoir le faire. Le vent a claqué toute la nuit et une bête faisait des bruits bizarres à proximité de la tente. Autant dire que la nuit n’a pas été très reposante… Au réveil, nous découvrons que nous avons gagné un compagnon de route : un chien a passé la nuit blotti près de notre emplacement. Probablement avait-il également deviné que le lever de soleil sur le lac donnait à notre emplacement de camping une valeur inestimable.



Malgré la fatigue, nous grimpons et atteignons le point le plus haut du cratère : presque 4000 m. Nous choisissons cet endroit pour déjeûner.



En chemin, nous avons la chance de croiser des élèves de l’école Lorenzo Lieta de Pilapuchin. Il s’agit d’un village indigène. Je passe un moment à discuter avec Olmedo, le professeur. Il m’apprend notamment avec fierté que les élèves parlent Kichwa et Espagnol, et que l’école est dotée d’un ordinateur connecté à internet. Je propose d’immortaliser la rencontre et de leur envoyer les photos dès notre retour à Quito. Les enfants sont surexcités, essayent nos bâtons de randonnée et posent avec enthousiasme sur les photos.


Nous disons au revoir à la lagune et prenons la direction de Chugchilan, petit village situé à 4h de marche.


En chemin, nous passons dans un village indigène. Les gens travaillent dans les champs, une femme écosse le quinoa, les élèves jouent dans la cour…

Avant d’arriver à Chugchillan, nous devons descendre dans le fond d’un canyon très impressionnant et… tout remonter bien sûr.



Arrivés dans le village, on se rend très vite compte qu’il ne semble pas y avoir grand chose à y faire et que les campings proposés par les hôtels sont très chers. Nous décidons donc d’attendre la tombée de la nuit et de planter notre tente dans un terrain que nous avions repéré au préalable. En attendant, nous rentrons dans le seul petit commerce ouvert, saluons les locaux qui y boivent des bières et commandons des patates rissolées et des cafés. Eloïsa, la tenancière, nous sert avec grand plaisir. Il ne faut pas 2 minutes pour qu’un homme (Omar) s’approche et me dise que le café ne se boit pas comme ça à Chugchilan. Il faut y ajouter ce que les locaux appellent la « aguardiente » : un alcool élaboré à partir de jus de canne à sucre. Littéralement, cela signifie « l’eau qui brule ». Je me plie à la tradition (vous imaginez qu’il a fallu me pousser), un homme s’attable (José), Omar revient, et je paye ma tournée. A partir de là, les heures défileront autant que les verres d’alcool et les conversations n’en finiront plus. Il faut saluer l’exploit de Sarah qui restera sobre toute la soirée (mal de tête avant de commencer à boire). La soirée fût drôle, instructive, réjouissante, touchante… Comment s’imaginer cela quelques heures plus tôt ? José m’explique que les « gringos » (étrangers) ne sont habituellement pas ouverts et nous félicite de l’avoir invité à notre table. Un geste qui nous paraît normal mais qui ne l’est apparemment pas pour tous. Nous finissons la soirée tant bien que mal en apprenant quelques mots de Kichwa. Eloïsa et Secundo (son mari) nous proposent gentillement de rester dormir dans leur commerce. Ils ne dormiront pas là et nous feront entièrement confiance : la magie s’opère une nouvelle fois.



Le lendemain, nous remercions encore nos hôtes d’une nuit, prenons le petit-déjeuner avec Eloïsa et nous mettons en route vers le prochain village : Sigchos.  Aujourd´hui, le mal de tête de Sarah a disparu. Ce qui n’est pas mon cas vu l’épisode de la veille.

Nous nous enfonçons dans le canyon, traversons des villages, parlons à ses habitants… Une journée magnifique ! Nous rencontrerons même un fermier qui est en route vers notre village de destination afin d’y vendre le lendemain son taureau. Il espère en tirer 300 dollars !



Nous arrivons à Sigchos en début d’après-midi mais nous n’y resterons pas. Nous quittons les lieux pour notre prochaine escale qui risque d’être sportive. Suite au prochain numéro !

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