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De bien drôles de bièsses au Sud Lipez

Après quelques comparaisons d’agences et de rudes négociations (le contraire ne vous aurait-il pas étonnés de la part de Sarah et Julien ?), la décision est prise : nous partons mardi pour quatre jours dans le Sud Lipez et le Salar de Uyuni avec l’agence « Chichenito Tours ». Pour l’occasion, un quatrième Belge, Michaël, un Namurois rencontré à l’agence, se joint à nous. La fine équipe embarque dans la Jeep qui nous permettra de parcourir tant de routes (accidentées) durant ce séjour. Au volant : notre fidèle et sympathique chauffeur Wilfredo ; à côté de lui : Concepcion, la cuisinière détonante qui prendra soin de nos estomacs. C’est parti pour l’aventure !

Dès le premier jour, le programme est bien chargé et nous en prenons plein la vue. Les paysages défilent, tous si différents et splendides. Alors que nous sommes absorbés par la beauté des alentours, nous repérons parfois soudainement un mouvement dans la nature calme : « Oh des lamas ! », « Regardez, des vigognes ! », « Ce sont des autruches ? ». Nous aurons en effet l’occasion d’admirer bon nombre d’espèces vivant en altitude.



Une des premières haltes qui nous coupe le souffle est la « Cintad del encanto ». Une fois descendus de la voiture, nous nous sentons tout petits à côté de ces impressionnantes formations rocheuses, résultat de l’érosion due au vent.

Nous enchaînons ensuite avec la visite de San Antonio, « le petit Machu Picchu » comme certains l’appellent. Ce village, autrefois prospère grâce à l’exploitation de mines d’or, est aujourd’hui un village fantôme. Selon la légende, le diable aurait pris le contrôle de San Antonio et aurait forcé les habitants à fuir.


En quittant ce village situé à plus de 4500 mètres, l’altitude commence à se faire sentir. A peine mon mal de tête annoncé, Wilfredo et Concepcion s’affairent : le premier cherche dans ses affaires une petite bouteille contenant un liquide transparent que je dois appliquer sur mon visage, la deuxième saute de la voiture pour cueillir une plante que je dois renifler. Je me vois également obligée de me mettre à mâcher des feuilles de coca pendant que nous redescendons de plusieurs centaines de mètres les fenêtres ouvertes. Impossible de savoir lequel de ces remèdes a fonctionné, mais je me suis rapidement sentie mieux ! Je ne suis pas la seule à ressentir les effets de l’altitude. Julien voit sa créativité dopée et invente de super blagues. En voici une pour votre plaisir : « Comment Mr Lama drague Mme Lama ? Il lama-sse ! » Le sourire aux lèvres (grâce à la blague de Julien ou à notre super journée, à vous de juger), nous nous glissons sous les nombreuses couvertures dans notre première auberge, à Quetena Chico.

Le lendemain, nous nous mettons en route pour la visite du parc national Aduardo Avaroa. Nous nous arrêtons tout d’abord le long du « désert de Dali », un lieu surréaliste où sont dispersées des formations rocheuses en lave au milieu de montagnes aux couleurs étonnantes.

Nous aurons ensuite la chance d’aller jusqu’au « Laguna Verde ». Verde ? Oui ce lac, situé au pied du volcan Licancabur qui marque la frontière avec le Chili, a bien une couleur émeraude due aux différents minéraux contenus dans l’eau. Au cours du séjour, nous aurons également la chance de voir d’autres lacs, tous aussi magnifiques les uns que les autres, et de passer par toutes les couleurs : « Laguna Blanca », « Laguna Negra », « Laguna Colorada »… Je ne pense pas me tromper en disant que ce dernier est un de nos coups de cœur. Les eaux rougeâtres du Laguna Colorada s’étendent sur près de 60 kilomètres carrés au milieu des montagnes. La couleur du lac est due à la présence de plancton et d’algues microscopiques contenant un pigment rouge. Et, dans ces eaux peu profondes, un nombre impressionnant de… flamands roses, qui doivent leur couleur aux substances nutritives qu’ils trouvent dans le lac. Le spectacle laisse tout voyageur béa !



Même si nous n’avons pas encore atteint le Salar de Uyuni, il fait froid dans le Sud Lipez. Le vent balaye les plaines et nous oblige à enfiler des couches. Pourtant, nous allons oser tomber les vestes et pulls. Nous avons en effet la possibilité de nous baigner dans des sources naturelles d’eau chaude. Ces eaux thermales ont la réputation d’aider à combattre le rhumatisme, l’arthrose et d’autres maux. Gelés mais décidés, nous enfilons nos maillots de bain avant de nous glisser dans l’eau qui nous paraît bouillante. Quel moment magique que de se baigner dans une eau à près de 30 degrés au milieu d’un paysage magnifique, à plus de 4000 mètres d’altitude, alors que de rares flocons de neige viennent fondre à la surface du bassin.


Autre type de bassin, interdit à la baignade cette fois : les geysers « Sol de manana ». Nous nous baladons au milieu des bassins dans lesquels la boue est en ébullition. La lave volcanique, le souffre et autres gaz émis depuis les entrailles de la terre laissent dans l’air une odeur quelque peu désagréable. Ça bouge dans notre planète !

Nous passons la deuxième nuit à Huayllajara. Il fait de plus en plus froid, mais l’ambiance qui règne dans la petite auberge ce soir-là nous réchauffe un peu. Nous retrouvons plusieurs groupes de voyageurs faisant le tour du Salar, tous viennent d’horizons différents ; les conversations sont animées.

Nous terminons notre voyage dans le Sud Lipez par des formations rocheuses en lave. La plus connue d’entre elle est l’ « arbol de piedra », une roche en forme d’arbre qui tient debout par magie. Elle se situe au milieu de nombreuses autres roches aux formes variées. Le vent transporte en fait des sédiments qui frappent la roche et la façonnent. Nous aurons également l’occasion d’observer d’autres formations en lave au pied d’un volcan semi-actif.



Nos trois jours intenses dans le Sud Lipez s’achèvent ici. Nous avons dans la tête (et dans l’appareil photo) des centaines d’images incroyables. Épuisés mais ravis, nous nous endormons ce soir dans un hôtel de sel à Puerto Chuvica. Partout autour de nous… du sel ! Les murs, les lits, les tables et tabourets, tout est en sel. L’expérience est amusante et nous donne un avant-goût de la visite du Salar de Uyuni qui démarre demain.


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